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Lunettes de soleil : l’indice de protection avant la teinte

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Des verres très sombres et une protection UV minimale : c’est possible, et même fréquent sur des lunettes de soleil bon marché. La teinte ne dit rien de la filtration des rayons ultraviolets ; seule la catégorie de protection solaire, un indice allant de 0 à 4, renseigne vraiment sur ce que les verres filtrent.

Ce que mesurent les catégories 0 à 4

Les lunettes de soleil vendues dans l’Union européenne portent un marquage CE associé à une catégorie de filtration, de 0 à 4, qui indique la quantité de lumière visible transmise par le verre — un repère que les fabricants sérieux associent à un niveau de filtration adapté :

  • Catégories 0 et 1 : filtration très faible à faible, verres clairs ou légèrement teintés, adaptés à une luminosité faible (temps couvert, intérieur lumineux). Pas conçus pour une exposition solaire franche.
  • Catégorie 2 : filtration moyenne, pour une luminosité solaire courante, en usage quotidien.
  • Catégorie 3 : filtration élevée, la plus répandue pour un usage extérieur classique — plage, montagne en été, conduite.
  • Catégorie 4 : filtration très élevée, réservée à une luminosité extrême (haute montagne, glacier, réverbération sur neige) — et déconseillée pour la conduite, car elle réduit trop la vision des feux et de la signalisation.

Deux verres de la même teinte visuelle peuvent appartenir à des catégories différentes : c’est le traitement du verre, pas sa couleur apparente, qui fait la différence.

Pourquoi la teinte trompe autant

Un verre très foncé bloque davantage de lumière visible, ce qui donne une impression de protection. Mais la filtration des UV dépend d’un traitement spécifique appliqué au verre, indépendant de sa teinte. Des lunettes très sombres et mal traitées laissent donc passer des UV tout en réduisant la gêne visuelle au soleil — ce qui incite la pupille à se dilater davantage et expose en réalité plus l’œil qu’une absence totale de lunettes.

C’est l’inverse de l’intuition courante, et les autorités sanitaires le rappellent régulièrement : l’Anses alerte sur les risques d’une exposition UV non filtrée pour les yeux, quel que soit le niveau de gêne visuelle ressenti au moment de l’exposition.

Polarisation : un confort, pas une protection UV

Un verre polarisant réduit les reflets — sur l’eau, la route mouillée ou la neige — en filtrant la lumière réfléchie dans un seul plan. C’est un vrai confort visuel, mais ce n’est pas un gage de protection UV : un verre polarisant peut très bien appartenir à une catégorie de filtration basse, tout comme un verre non polarisant peut être en catégorie 3. Polarisation et catégorie de filtration se choisissent indépendamment l’une de l’autre, selon l’usage recherché, et aucune des deux ne remplace l’autre.

Ce qu’il faut vérifier avant d’acheter

  • La présence du marquage CE sur la branche ou l’étiquette, associé à la catégorie de filtration (0 à 4).
  • La catégorie adaptée à l’usage réel : 3 pour un usage extérieur classique, 4 réservé aux conditions extrêmes et jamais pour conduire.
  • L’absence de déformation visuelle : en tenant les verres à bout de bras devant une ligne droite (cadre de porte, carrelage), la ligne ne doit pas onduler en déplaçant les lunettes.

Pour des enfants ou lors d’activités en plein air prolongées en famille, la vérification de la catégorie compte plus que le style de la monture : les yeux des enfants laissent passer davantage de lumière vers la rétine que ceux d’un adulte. Le même soleil qui justifie cette vigilance expose aussi la peau, exposée en continu à côté des yeux.

La teinte choisit le style ; la catégorie protège les yeux. Avant de regarder la couleur d’un verre, mieux vaut lire l’étiquette, ou demander au vendeur la catégorie exacte, un chiffre que toute monture vendue légalement doit pouvoir afficher.


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