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The Fighting Kit

Home / Interviews / ITW n°133 : Isabelle – K fighteuse du sein
Temoignage d'isabelle combattante d'un cancer du sein

Commençons !

 

Qui es tu ?

Prénom: Isabelle

Age : 43

Profession: Enseignante

 

Pourquoi acceptes- tu de partager ton histoire aujourd’hui ?

Réponse : Parce que j’aime beaucoup ta manière de présenter l’interview de façon  humoristique et artistique. Cette année, j’ai aussi le sentiment d’avoir franchi une  étape comme si mon cancer n’était plus omniprésent mais commençait à dater… Je pense à me faire reconstruire mon sein gauche… Je tourne la page…

 

Quelles sont tes qualités ?

Réponse : Sensible, curieuse, intuitive et créative.

 

Quelles sont tes passions ?

Réponse : La vie, l’amour, la méditation, la lecture, l’écriture, les reines du shopping, chasseurs d’appart’, laver les vitres avec le nouveau récupérateur d’eau usée de Lidl (bruyant et électrique : trop bien pour concurrencer les tondeuses !).

 

Quel K (quel cancer -grade si tu le souhaites / stade idem)  :

Réponse : Haut grade, stade inconnu car mon premier oncologue a refusé de me dire précisément ce qu’il en était. A mon avis, stade 3 voir 4.

 

Quand a- t’ il été découvert ? Quel âge avais tu ?

Réponse : J’avais 40 ans mais cela faisait plus d’un an que je sentais une boule mais je pensais que ce n’était rien. J’ai fait comme une sorte de blocage, un déni de cancer : je l’ai totalement occulté jusqu’à ce qu’à un moment mon inconscient réalise et me lance des signaux d’alerte. Alors, je me suis mise à courir tous les soirs et à me dire que j’avais un cancer. C’est mon mari qui a senti la boule et m’a permis d’accepter ma maladie.

 

Depuis combien de temps es-tu en cours de traitement, ou en rémission ?

Réponse : J’ai arrêté mes traitements en octobre 2014 avec poursuite de l’hormonothérapie jusqu’en février 2016.

 

Peux – tu nous résumer ton histoire de K fighteuse ?

Réponse :

  • Etape 1 . Déni total du cancer.
  • Etape 2. Amputation du sein gauche et ablation de tous les ganglions côté gauche.
  • Etape 3. Acceptation et combat avec le soutien de mon mari et de mes enfants.
  • Etape 4. Allergie à un traitement. Décision par l’oncologue d’arrêter.
  • Etape 5. Entrée en rebellion contre mon oncologue. Passation de tests qui établissent ma non allergie.
  • Etape 6. Refus de mon oncologue de me reprendre : il m’envoie vers un autre centre. Obligée de convaincre un nouvel oncologue de poursuivre.
  • Etape 7. Fin des traitements lourds. Démarrage de l’hormonothérapie.
  • Etape 8. Au bout de deux ans, je reprends ma liberté thérapeutique : plus de tamox. Reconstruction envisagée.

 

Quels traitement as -tu eu ?

  • Chimio : Je préfère oublier …Horrible.
  • Radiothérapie :  20 séances.
  • Opération : Mastectomie, 3 jours d’hospitalisation.
  • Autre : 18 piqures d’Herceptin.

 

Quelles astuces en lien direct avec le K as – tu envie de partager ? (ton feeling avec médecin, tes bons plans d’organisation traitement, tout ce qui te semble utile ;)) ?

Réponse : Il ne faut pas hésiter à demander un deuxième avis, à changer si c’est possible lorsque le courant ne passe pas avec l’oncologue. Avec mon deuxième oncologue, j’ai brisé la glace en lui donnant à lire quelques pages que j’avais écrites en m’inspirant de lui. Il a senti que je l’admirais, que je le respectais. Il s’est mis à me parler de son métier et j’ai compris combien il aimait ce qu’il faisait, combien ses patients étaient importants pour lui. On ne peut pas se sentir soutenu et estimé par son oncologue si on le juge, si on ne lui fait pas confiance. L’oncologue n’est pas un dieu mais un guerrier engagé comme le patient dans une lutte dont il ne connaît pas l’issue. Il faut aller vers lui, franchir une partie de la distance pour que lui-même se lance aussi. Sinon, il vaut mieux partir ou trouver d’autres alliés parmi le personnel médical.

C’est important de poser des questions aux infirmiers, aux internes car leurs réponses sont souvent plus simples et plus faciles à comprendre. De plus, ils sont souvent jeunes et sympathiques : on va plus facilement vers eux même si parfois leurs réponses, par leur franchise, peuvent effrayer devant la réalité de la maladie.

 1/ Chimio (ex: tes astuces, le casque, tes affinités avec les infirmières) :

Réponse: Pas d’astuce particulière car la chimio a été horrible, mais bizarrement cela m’a rassurée : je me suis dit que le traitement était efficace car mon corps était vraiment cerné de partout !!!

Sinon, pendant la chimio, j’ai été beaucoup câliné par mon chéri et par mon petit dernier qui s’est révélé un précieux allié à tel point même qu’il en faisait des cauchemars : il rêvait que son corps était envahi par des petits monstres… Du coup, c’est moi qui l’ai chouchouté !

 J’ai perdu mes cheveux très rapidement, quinze jours après la chimio et c’était très dur, j’ai regretté de ne pas avoir été plus tôt chez le coiffeur pour me faire raser car la perte des cheveux fait mal ( ce sont les bulbes qui sont attaqués et s’ouvrent ce qui fait tomber le cheveu) . De plus, j’avais voulu me laver le peu qu’il me restait. Mes cheveux se sont dressés sur ma tête !!! Pour la perruque, j’en ai choisie une qui ressemblait à mon ancienne chevelure.

J’ai fait une rencontre très particulière avec une dame en chimio. Celle-ci avait des métastases dans le corps. Elle me disait que ses cellules cancéreuses lui parlaient et lui hurlait d’arrêter les traitements car elles ne voulaient pas mourir !!! J’avoue que les discussions surréalistes avec cette dame m’ont bien fait rire. Nous avons bien sympathisé et nous avons rigolé ensemble de nos traitements et de notre oncologue : à présent je pense qu’elle est décédée : elle m’avait expliqué que sa maladie était trop avancée…

Avec le recul, je testerais le casque, le cannabis thérapeutique, le jeûne, la méditation. Je prendrais aussi une perruque totalement différente de mon look : je trouve que les perruques chez les coiffeuses afro sont bien. Je ferais tout au coup de cœur sans penser au « quand dira-t-on ! »

Comment vivais tu  la veille, le jour meme, les jours d’après chimio ? et quelles étaient tes astuces ?

Réponse: Je les vivais très mal. A y réfléchir, si je devais repasser par la case chimio, je me ferais une journée jeûne en méditant et en prenant des photos de mes cactus ( une de mes nouvelles passions).

2/ Hôpital (ex: contact avec infirmières / doc / aides soignants) :

Réponse: J’ai un souvenir particulièrement ému d’un jeune interne avec lequel j’ai pleuré lorsque j’ai reçu ma dernière injection d’Herceptin. Il venait d’être papa : sa femme venait de mettre au monde une petite fille qu’ils avaient appelée Victoire. Il était très ému, et du coup super heureux de m’annoncer que mes traitements se stoppaient. Il m’a dit : « Peu importe la suite, mais vous avez fait le plus gros,  vous avez réussi à tout surmonter, regardez votre parcours… » Ces paroles m’accompagnent tous les jours : jamais je ne pourrai les oublier, elles feront partie de ma vie à tout jamais, jusqu’au dernier jour …

 3/ Medecine “parallèle” si tu as a fait (quelles disciplines, quels furent leurs bienfaits) :

Réponse: J’ai fait de l’acupuncture, cela m’a aidé à renforcer mon système immunitaire et à me soigner mes rhumes.

 

Que faisais tu pour te changer les idées / te vider la tête (avant chimio , operation & co) ?

Réponse: J’ai fait beaucoup de photos, de la couture ( création de sacs avec des matières récupérées), du jardinage, de la peinture et j’ai écrit aussi un petit roman sur une personne me ressemblant étrangement ( mon double thérapeutique) qui m’a permis d’évacuer mon histoire et de me projeter dans le temps sans prise de tête. J’ai appris aussi à profiter du temps présent et à lâcher prise. Face à la maladie, on est si peu de chose …

 

Quelles astuces pratico-pratiques “bien être / beauté” peux tu nous conseiller ?

1/ Beauté, tes produits indispensables (ex: crèmes, vernis, cicatrices, huiles…) :

Réponse: Huile d’argan ; biafine et dexeryl ( à déconseiller en fait car cancérigène) ; masque au citron et au miel …

2/ Look, (ex: ton look préféré chimio, hosto, tous les jours pour te sentir bien):

Réponse: Jogging

 

Et quels seraient les conseils que tu pourrais donner aux proches qui accompagnent un K fighteur ?

Réponse: Aucun. Les proches doivent réagir selon leur cœur même s’ils réagissent mal, même si leur comportement n’est pas celui qu’on aurait aimé. La maladie, c’est un combat alors pas la peine d’être dans le mensonge.

 

Qu’est ce que le K a changé dans ta vie ? Par exemple: ta vision du monde, des priorités, de tes essentiels, recentrer ton entourage, dans ton travail, ta philosophie …

Réponse: Je suis plus ouverte, j’ai moins de problèmes relationnels, j’ai aussi à m’affirmer plus avec ma hiérarchie, à donner mon avis. Je suis plus moi-même et je suis beaucoup plus sensible aux problèmes de mes collègues , notamment les problèmes de santé.

 

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Si vous aussi vous souhaitez partager votre histoire envoyez nous un email à: [email protected]

Plein de belles pensées positives.

A très vite.

Charlotte

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