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novembre 2016

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Hello,

 aujourd’hui je vous présente, la douce Oriane « bienveillante & rigolote », 32 ans, auteure de la comédie dramatique « Cellule de Crise », qui nous raconte avec beaucoup de pureté sa bataille contre un K du Sein (gauche) , combattu en 2008, en rémission depuis maintenant 8 ans (oh yeah) !

Selon Oriane, avec beaucoup de sagesse et de justesse « Le cancer ce n’est pas qu’une maladie. C’est une interrogation sur l’avenir. »

Je vous invite à découvrir son histoire et si vous habitez dans la région du pays des cigales, et que vous souhaitez découvrir sa pièce rdv le 3 décembre à Aix en Provence,

Voici le résumé de la pièce : “Imaginez trois femmes, trois amies d’enfance, trois versions de la vie. Jeanne raffole de la charlotte, le gâteau. Elle a un emploi du temps de ministre. Louise nourrit tous les chats du quartier et ronronne comme eux quand son amoureux l’appelle au téléphone. Emma, elle, a un cancer. Voilà. C’est comme ça. Aussi brutal que ça. Et maintenant que fait-on ? Et bien on vit. Car la vie c’est maintenant !”

Belle découverte.

Commençons:

Qui es tu ?

Je m’appelle Oriane j’ai 32 ans. Je suis sexothérapeute, thérapeute de couple et auteure, metteuse en scène. Je vis avec mon chéri à Aix en Provence, PACA

Pourquoi acceptes tu de partager ton histoire aujourd’hui ?

Je me suis rendue compte que j’avais déjà partagé mon histoire, mais pas encore de façon pure, simple et sans artifice. Et aujourd’hui, je m’y autorise enfin…

 

Quelles sont tes qualités (en quelques mots) ?

J’aime à penser que je suis bienveillante, empathique et rigolote!

 

Quelles sont tes passions (en quelques mots) ?

Je suis passionnée de théatre; en voir, en jouer et en écrire! j’adore raconter des histoires! Je suis également transportée quand j’écoute de la musique. Amy macdonald et son single “this is the life” m’a accompagné durant tout mon cancer!

 

Quel K (quel cancer -grade si tu le souhaites / stade idem) :

J’ai eu un K du sein gauche, grade 3

 

Quand a t il été découvert ? Quel age avais tu ?

J’ai découvert mon K à l’âge de 25 ans, c’était en novembre 2008.

 

Dans quelles circonstances a t il été découvert ?

Suite à une rupture amoureuse difficile, je me suis recentrée sur moi même et j’ai décidé d’écouter davantage mes instincts… Quelques semaines après la séparation douloureuse je ressentais des changements dans mon corps, et malgré les mots rassurant de mon docteur et les résultats apaisant des analyses de sang, je savais que quelque chose se tramait… et un jour, alors que j’étais devant mon miroir je me suis dis : “Oriane palpe toi les seins”

Et c’est la première fois que j’ai rencontré “ma petite boule”.

 

Si tu es en cours de traitement, ou en rémission (depuis combien de temps ?)

Je suis en rémission depuis bientôt 8 ans!

 

Peux tu nous résumer ton histoire de (K fighteur)?

Suite à la découverte de “l’intruse” ou “ma petite boule” comme j’aimais à l’appeler, j’ai pris tous les rendez vous qui s’imposaient… Et je me suis parée de la seule arme massive que je connaissais : l’amour! Je n’allais pas laisser cette fichue maladie s’emparer de ma joie de vivre! Je vivais de nouveau chez mes parents à ce moment là. J’ai donc traversé les chimios, les opérations et la radiothérapie accompagnée de mes amis, de mes parents, de ma petite soeur et de quelques amoureux. De la découverte du K à l’annonce de la rémission cela a duré 9 mois. Le temps d’une grossesse. Ce parallèle me plait.

Durant ces 9 mois j’ai vécu des moments inoubliables, de bonheur et de peur parfois, surtout aprés la dernière séance de chimio. Que va t il m’arriver ensuite? L’histoire se finit sur une immense fête organisée par mes parents, avec un concert de rock et des petis fours, presque comme un mariage. Ce parallèle me plait aussi.

Quels traitement as tu eu ?

J’ai vécu 6 séances de Taxotere, 1 mois de radiothérapie à raison de 5 séances par semaines.

En ce qui concerne les opérations j’ai eu une Tumorectomie et une ablation des ganglions lymphatiques du côté gauche. Je suis restée à chaque fois 4/5 jours à l’hôpital, je crois que j’avais le droit de sortir avant, mais j’aimais bien être chouchoutée par les adorables infirmières!

Quelles astuces en lien direct avec le K as tu envie de partager

(ton feeling avec médecin, tes bons plans d’organisation traitement, tout ce qui te semble utile ;)) ?

 

1/ chimio et radiothérapie :

Les meilleures parades contre les effets de la chimio ont été pour moi deux choses assez différentes : d’abord me laisser aller à redevenir un bébé, en position foetale dans mon lit et ma mère qui prenait soin de moi durant les 3 jours qui suivaient, et ensuite d’aller chez mon infirmière qui pratiquait aussi une technique appelé RESC (une sorte d’acuponcture sans les aiguilles) qui me remettait sur pieds aussitôt!

Pour la radiothérapie, c’est d’avoir une conductrice de taxi extraordinaire qui faisait de ces voyages quotidiens une aventure !

 

Comment vivais tu la veille, le jour même, les jours d’après chimio ?

et quelles étaient tes astuces ?

La veille des chimios, je sortais de chez moi pour aller retrouver des amis et/ou des amoureux. Je riais fort et je parlais de tout sauf de la maladie. Je mangeais dans de bons restaurants, je buvais du bon vin, je prenais du plaisir !

Le jour même je rencontrais des personnes formidables, des infirmières au petits soin, un infirmier avec qui je flirtais un peu… Mon astuce c’était donc de faire partie pleinement des vivants.

Que faisais tu pour te changer les idées / te vider la tête (avant chimio , operation & co) ?

Rester une femme à part entière a été pour moi l’une des priorités et dans mon cas c’est d’être choyée qui m’a le plus aidé ! Quand on a un cancer aussi jeune, le regard des gens est doux et chaleureux. Et cela offre une possibilité de vivre exactement ce qu’on a envie de vivre, sans être jugé! Alors oui je me vidais bien la tête!

Ma meilleure amie m’emmener crier de toute mes forces sur le bord de mer pour évacuer les tensions. On se faisait belles… On se baladait partout tout le temps. Je passais des nuits blanches à rêver, à refaire le monde, accompagnée ou seule, de la musique dans les oreilles.

La musique c’est une belle façon d’ancrer les émotions.

 

Quelles astuces pratico-pratiques “bien être / beauté” peux tu nous conseiller ?

1/ beauté:

Je me souviens des soins de temps en temps chez l’esthéticienne pour un soin du visage hydratant Clarins, des massages du cuir chevelu par les petites mains bienveillantes de mes amies. Après la perte des cheveux, ça tirait de temps en temps…

Je mettais du vernis à ongle, je maquillais mes yeux, ma bouche.

La chimios assèche pas mal la peau, un bon hydratant au quotidien était indispensable.

L’aloé vera bio je recommande!

Je me souviens aussi dessiner mes sourcils qui s’affinaient au fur et à mesure. De beaux sourcils c’est continuer à s’exprimer par le regard!

 

2/ look :

Niveau look c’était soit un gros pyjama douillet pour les journées “foetus” comme je les appelais… Ces journées à dormir 23h sur 24h après les chimios…

Soit de jolies tenues très féminines pour partir en vadrouilles amoureuses et en voyages avec mes amis!

 

3/ quotidien (ex: sport, nourriture & co, meditation, lecture…)

Je n’ai pas beaucoup lu pendant cette période-là et j’avoue ne pas avoir fait attention à ce que je mangeais… Je me sentais comme une femme enceinte, j’avais des envies ! Et mes parents, des personnes extraordinaires, faisaient de leur mieux pour suivre !

Pas de sport non plus… Mais je courais partout!

Par contre aujourd’hui j’ai radicalement changé la façon dont je me nourrit. Aujourd’hui j’aime lire les ouvrages du Professeur Joyeux, et je suis devenue vegan. Je crois profondément que certains aliments favorisent une meilleure santé et que certains autres augmentent les risques de cancer…

4/ pb cheveux (ex: portais tu une perruque, foulards , bonnets)

Je portais des perruques différentes selon l’inspiration du moment! Il y avait donc des journées brune, des journées blonde, des journées Dalida et des journées garçon manqué!

Quand je restais à la maison je préférais porter un foulard, en soie, que ma mère m’avait acheté spécialement. C’était doux. Et les nuits d’hiver je portais un bonnet en laine car j’étais frileuse du bout du crane !

 

Etais tu soucieux du regard des autres, avais tu peur que leur regard change ? Que faisais tu pour le contrer ?

Je n’ai jamais eu peur du regard des autres pendant mon K. Mais il a changé oui, un peu. Pour devenir plus généreux et plus bienveillant que jamais.

 

Quelles sont les phrases “pépites” / pieds dans le plat (dont tu te rappelles) qu’on a pu te dire pendant le K et qui auraient pu t’être évitées ?

Ce n’est pas pendant mon K que j’ai entendu des phrases “pieds dans le plat”, c’est plutôt une fois en rémission… Les gens sont parfois maladroits… Parce que d’abord, ils font ce qu’ils peuvent, et qu’ensuite ce sujet est souvent douloureux pour eux aussi. C’est donc plutôt aujourd’hui, dans les moments de “contrôles” que j’entends des : “ouf! Ça va tu n’as plus rien, à cause de toi je n’ai pas dormi de la nuit…” suite à l’attente des résultats d’IRM par exemple. Ou encore, là aussi dans l’attente des résultats d’une biopsie de contrôle : “Ta petite boule m’a foutue les boules”

Mais les phrases les plus difficiles pour moi, ont été celles qui n’ont pas été dites, c’est de ne plus parler de mon cancer du tout durant les deux ans qui ont suivi ma rémission, c’est de faire comme si rien n’était arrivé. C’est de sentir que le sujet est tabou, qu’il blesse.

Alors que j’avais vécu d’une façon particulièrement positive, psychologiquement parlant, ce K, je me suis retrouvée un peu perdue ensuite. Pendant ces deux ans je comprenais le malaise et le besoin de mon entourage d’oublier cette épreuve. Et pourtant je pense que cette période aurait pu être moins triste si la parole avait été libérée.

Autrement c’est plutôt des phrases formidablement drôles de ma meilleure amie dont je me souviens. Notamment:

“je te tiendrais la perruque pendant que tu vomiras” ou “Oh Oriane… ce n’est pas comme si tu avais un…. euh…..”

 

Comment tes proches t’ont ils accompagné ?

Mes proches sont restés plus “proche” que jamais! Et c’est grâce à eux que j’ai vécu cette épreuve aussi bien! Ils m’ont aidée. Mais je crois que je les ai aidés aussi, un peu, à ma façon à mieux vivre cet épreuve… J’avais confié la gestion des papiers administratifs (secu notamment) à mon père. J’avais demandé à ma mère de prendre soin de moi quand je n’étais plus capable d’aller au toilette seule par exemple. Et ma soeur… elle s’occupait de mes parents! 😉

Je crois vraiment que de confier des tâches à nos proches les aide à se sentir utiles, et à savoir exactement ce qu’ils peuvent faire. C’est un moment tellement angoissant pour eux aussi, qu’il vaut mieux que chacun sache comment il peut être là.

 

Et quels seraient les conseils que tu pourrais donner aux proches qui accompagnent un K fighteur ?

Pour ne pas se sentir démuni, il faut demander simplement à la personne malade ce dont elle a besoin. Manger? Boire? Parler? Ne pas parler? Rester simplement là?

Je ne crois pas qu’on puisse devancer les besoins d’une personne malade, je pense qu’il suffit d’avoir l’esprit ouvert et de faire des propositions !

Je pense aussi qu’être un “aidant” est un sacré boulot. Et pour pouvoir tenir sur la longueur, il faut savoir se ménager du temps pour soi. Respirer. Vivre des choses en dehors de la maladie.

En réalité une personne atteinte d’un cancer et les personnes qui l’accompagnent ont besoin des mêmes choses. De l’attention, de l’amour et des instants de repos.

Te renseignes tu sur le K sur internet ?

A l’époque, je ne faisais pas vraiment de recherche sur le sujet à vrai dire. Je me tenais éloignée de l’aspect médical de ma maladie. Par contre aujourd’hui, j’ai écrit une pièce de théâtre sur mon expérience. J’ai donc fait des recherches sur internet, surtout les forums… Comment d’autres femmes ont vécu leur K du sein…

 

Qu’est ce que le K a changé dans ta vie …?

(par exemple: ta vision du monde, des priorités, de tes essentiels, recentrer ton entourage, dans ton travail, ta philosophie ..?)

Tout a changé, ou presque, dans ma vie. Je vis aujourd’hui avec plus de respect pour moi-même, j’ai appris à être fière de qui j’étais! Je dis encore plus aux gens que je les aime. Je me sens souvent en vacances, même si ce n’est pas le cas. Je m’enthousiasme encore plus des petites choses qu’auparavant.

A l’époque j’étais agent immobilier, ça ne me correspondait pas. “Ma petite boule” m’a ouvert les yeux sur ce que j’étais destinée à être : sexothérapeute et thérapeute de couple. Permettre à des personnes de reprendre confiance en elles, les accompagner vers une vie harmonieuse et épanouissante. Cette même vie que ce fichu K a réussi à me donner!

 

Champs libre 😉

raconte nous ce que tu souhaites (qui ne se trouverait peut etre pas dans mes questions) :

J’ai envie de parler ici d’un projet qui me tient énormément à cœur. Celui de la comédie dramatique Cellule de crise, que j’ai écrite avec un ami, Valère. Elle est interprétée par trois talentueuses comédiennes professionnelles, et elle est produite et diffuser par l’Aparté association.

Voici le résumé de la pièce : “Imaginez trois femmes, trois amies d’enfance, trois versions de la vie. Jeanne raffole de la charlotte, le gâteau. Elle a un emploi du temps de ministre. Louise nourrit tous les chats du quartier et ronronne comme eux quand son amoureux l’appelle au téléphone. Emma, elle, a un cancer. Voilà. C’est comme ça. Aussi brutal que ça. Et maintenant que fait-on ? Et bien on vit. Car la vie c’est maintenant !”

C’est un projet qui est né, de mon envie de faire partager mon expérience, de libérer certains tabous et de mon amour pour le “spectacle vivant”. Car dans cette expression il y a le mot “vivant”!

C’est une pièce de théâtre qui parle, avec simplicité et humour de cancer du sein, d’enfants, de pâtisseries, de sexe et d’amitié, bref de la vie!

Rdv le 3 décembre à Aix en Provence, pour la découvrir, par ici .

Vous pouvez retrouver les dates de représentation sur la page Facebook « Cellule de crise » ou encore en allant sur le site de l’association l’Aparté (associationlaparte.wordpress.com/creation-theatrale-cellule-de-crise)

Le cancer ce n’est pas qu’une maladie. C’est une interrogation sur l’avenir.

=> pour suivre Cellule de crise rdv sur :

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Merci Oriane, pour ce beau témoignage plein de vie finalement.

Vous pouvez laisser des commentaires à Oriane, ci dessous.

Si comme elle, vous souhaitez raconter votre histoire, vos projets et livrer vos astuces, rdv ici, renvoyez moi votre questionnaire et 1 photo de vous pour que je vous dessine 😉  à : [email protected]

*Vous êtes nombreux à m’envoyer vos témoignages, merci pour votre confiance si précieuse, pour cette même raison, les diffusions de vos interviews seront parfois diffusées dans plusieurs mois, mais sachez que je garde et transmets absolument TOUS les témoignages qui me sont envoyés, merci pour votre compréhension.

Sachez que je ne retouche aucune Interview, elles sont complètement libres, c’est votre liberté, votre histoire, je rajoute juste ma touche perso avec l’illustration, elles sont délivrées telles qu’elles m’ont été envoyées 😉

NEVER GIVE UP !!

Charlotte

Hello,  aujourd'hui je vous présente, la douce Oriane "bienveillante & rigolote", 32 ans, auteure de la comédie dramatique "Cellule de Crise", qui nous raconte avec beaucoup de pureté sa bataille contre un K du Sein (gauche) , combattu en 2008, en rémission

Merci à L'Express vs L'Express Styles pour ce très bel article sur les 30 ans du Cew France et sur les 10 lauréats des Achiever Awards 2016, dont Mister K fighting Kit fait partie avec beaucoup de fierté et d'émotion, dans la catégorie "Initiative Solidaire",